Mercredi 28 mars 2007
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La semaine dernière à Marseille, Ségolène Royal faisait chanter la Marseillaise et mettait la Nation et le drapeau français à l'honneur.
On entend, depuis, nombre de voix s'élever pour crier au scandale ou à l'hypocrisie. Je trouve cette polémique un peu déplacée. Pour ma part, et je l'avais dit publiquement le soir de l'inauguration du Forum, je ne comprends pas que l'on assimile aujourd'hui "drapeau et hymne national" à "droite et extrême droite".
Comme l'a rappelé Ségolène, la Marseillaise est un chant révolutionnaire que Louise Michel chantait et faisait chanter chaque jour à ses élèves (voir le discours de Marseille). Certains nous font reproche d'avoir abandonné l'Internationale : mais enfin ! Est-ce que l'un exclut l'autre ? Tous ceux qui étaient présents à Marseille pourront témoigner que si le meeting s'est terminé avec la Marseillaise, il avait débuté avec Le temps des cerises.
Et quelques mots, aussi, pour signaler que le drapeau français est, depuis la constitution de 1946, l'emblème national de notre République. (voir ici) En quoi est-ce si affreux de dire que nous, socialistes, y sommes attachés ? Le principe de la République Française est bien le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (voir la Constitution Française) Alors pourquoi serions nous fiers de sortir le drapeau français lors d'une compétition française, et pas lors de la célébration de notre fête nationale, le 14 juillet, symbole de la victoire des citoyens sur les forces de l'Ancien Régime ? La droite et l'extreme droite pronent un attachement parfois nauséabond à l'identité nationale, assimilée par eux à l'immigration. Il est primordial pour nous, à gauche, de rappeler comme le fait Ségolène Royal, que les valeurs de notre République sont des valeurs d'ouverture vers l'autre. Europe et internationalisme ne sont pas incompatible avec le respect de la République et de la Nation, bien au contraire !
Mais Ségolène Royal le dit bien mieux que moi, aussi je vous reproduis ici un extrait de l'interview accordée à Libération aujourd'hui :
Pourquoi vous être emparée du thème de la Nation à ce moment précis de la campagne ?
Ce thème est par définition présent dans une campagne présidentielle, le candidat ou la candidate ayant pour vocation et ambition d'incarner la République, donc la Nation. Il est normal de pouvoir préciser sa vision des choses sur le sujet et sur la façon dont le lien national doit s'incarner. Le candidat de la droite a donné sa vision des choses, en proposant un ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration. Le candidat UDF, lui, se moque de tout cela. Il a tort. Il est tellement pris dans son filon ni droite ni gauche qu'on ne sait plus ce qu'il pense de rien et donc, pas davantage, de la Nation. Ce qui est d'ailleurs cohérent avec ses positions, puisqu'il n'a pas de programme et donc, ne dit rien. Quant au candidat du Front national, il confond nation et nationalisme. Il y a donc une vraie confrontation des points de vue. Pour moi, c'est très clair.
Je suis une Européenne résolue. Je suis partisane d'une France ouverte au monde, internationaliste et généreuse et je considère que la Nation a un autre nom qui est celui de la République. La Nation telle que je la conçois ne demande pas aux gens d'où ils viennent, mais où ils veulent aller ensemble. Elle n'est pas fondée sur les racines, l'ethnie, que sais-je, mais sur une idée. Elle est une idée et c'est ce qui la distingue de ce qu'en ont fait nos adversaires.
Et, pour terminer, cet extrait pêché dans le Nouvel Obs :
"Quand on interroge les Français sur les symboles les plus forts de l'identité nationale, ils répondent 'la solidarité', et ils répondent 'le drapeau'. Donc à la fois un symbole, et une vision de la société qui fait qu'on refuse le chacun pour soi, la guerre du tous contre tous, ou la débrouillardise individuelle", a déclaré à la presse la candidate socialiste après son discours au congrès du syndicat étudiant Unef.
"C'est-à-dire une nation qui arrive à donner du vivant aux valeurs de la République, qui arrive à faire en sorte que la République tienne sa promesse que chaque enfant né sur le territoire français est un enfant qui a des talents à déployer et de l'énergie à donner à l'intérêt général. A ce moment-là, on fonde une identité nationale", a poursuivi Ségolène Royal.