Bonjour à tous,
Durant l'été, j'avais mis mon blog entre parenthèses. Vous êtes nombreux à m'avoir dit souhaiter continuer de me lire, et après un peu de repos, du recul par rapport à cette période intense de
campagnes que nous avons vécue ensemble, c'est avec beaucoup de plaisir que je reprends aujourd'hui l'écriture de ce "journal".
Vous n'avez certainement pas manqué de suivre l'Université d'été du Parti Socialiste dans les médias, et, pour certains, en direct, à La Rochelle. J'en reviens moi-même, et je vous ai croisés
nombreux, là bas !
Chaque année, c’est dans cette ville magnifique que se retrouvent militants et cadres du Parti, et La Rochelle donne le ton de la rentrée.
Cette année, vous l’aurez noté, l’évènement avait un goût particulier, puisque beaucoup de nos leaders avaient décidé de ne pas venir. Cela déboussole, forcément. D’autant que nous sommes quand
même tous un peu déboussolés, depuis la victoire de la droite, depuis la mise en place de ce système politique qui montre au grand jour ses amitiés envers les stars du show-biz et de la
finance.
Allait-on pouvoir avancer dans nos travaux sans Laurent, Dominique, Martine, Lionel et tous les autres ? Eh bien oui. Et plutôt bien, même.
Les militants, eux, sont venus en nombre, pour travailler, pour montrer, en force, que le mot socialiste n’est pas vide de sens, pour dire aux dirigeants que c’est ensemble que nous réussirions à
dépasser le traumatisme de ces défaites.
D’ordinaire, tout se joue dans les couloirs, dans le hall, et sur l’esplanade. Cette année, La Rochelle s’est jouée dans les ateliers, lors des plénières, des tables rondes. Le hall et
l’esplanade étaient quasiment vides. En revanche, j’ai dû abandonner l’espoir d’assister à plusieurs ateliers parce que les salles étaient combles, et que la sécurité ne pouvait faire entrer plus
de monde. J’ai attendu, parfois, avec d’autres, que quelques uns sortent pour pouvoir entrer à mon tour.
Même l’immense salle dans laquelle se tenaient les plénières a été saturée, samedi matin, lors du débat « Où en est la gauche ? ». Evidemment, le sujet était intéressant, mais c’est aussi
là que nous avons écouté Bertrand Delanoë et Michel Rocard. Les têtes d’affiche étaient peu nombreuses, mais ont attiré les militants très nombreux, qui venaient pour écouter, et réfléchir avec
eux. Michel Rocard a été sifflé et hué par une partie de la salle, avant son discours, probablement plus pour avoir accepté de participer à une commission sur l’éducation que pour sa ligne
politique. Pour ma part, je ne suis pas rocardienne, je suis même loin de partager sa conception du socialisme, mais je n’apprécie pas pour autant que l’on se permette, entre socialistes, de huer
l’un des nôtres. Et comme Marylise Lebranchu je fais une énorme différence entre ces gens qui ont été socialistes et ne le sont plus de fait, parce qu’ils font aujourd’hui partie du gouvernement
du Président Sarkozy, et les socialistes qui, jouant leur rôle d’opposants, font partie de commissions.
Alors où en est la gauche, après La Rochelle ? Elle en est à sa phase de reconstruction. De changement plus que de rénovation, selon notre premier secrétaire. Le Parti Socialiste, ce grand parti
centenaire a beaucoup de travail devant lui. Il a aussi en son sein des milliers de militants prêts à porter haut le socialisme.
Nous avons des échéances électorales en 2008, et tout ce qui a été dit ce week-end ne doit pas rester dans le vide, au risque, encore une fois, de ne pas être compris de notre électorat. J’avais
cette discussion avec des militants aixois, lors du repas que nous avons partagé samedi soir avec plusieurs camarades des Bouches-du-Rhône. En politique, il est vital de prendre le temps de
réfléchir, de poser des axes politiques, de penser les projets, d’oser un travail de réflexion collectif. Mais il est tout aussi vital d’agir, dans le concret, auprès des citoyens, parce que si
nous faisons de la politique, si nous sommes socialistes, c’est d’abord pour mettre en pratique des idéaux qui servent l’intérêt général, et donc, changent la vie des gens.
J’ai écouté de nombreux discours, beaucoup m’ont touchée, certains m’ont agacée, parfois même attristée. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui s’est dit. Mais cette richesse que nous avons, de
penser les choses en diversité, nous devons la garder pour en faire une énergie tournée vers nos concitoyens. Débattons pour construire, pas pour nous détruire.
Mais je suis déjà trop longue...
Je reviendrai sur notre Université d’été, au moins pour mettre en ligne quelques photos que l’on doit me faire passer.
La rentrée est là, nous avons devant nous une période intense qui s’ouvre, alors je vous espère tous très en forme, dans vos villes, vos quartiers, vos sections, pour vous battre, avec vos
valeurs et votre force de conviction, auprès de vos camarades, de vos candidats, pour qu’au printemps 2008, la France compte une multitude de villes roses.